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PURPLE SILK
Il est bien difficile de différencier l'amour de l'amitié
Mais cela ne se résume t-il pas en un seul mot :
La tendresse ?
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Elle est tremblante, petit oiseau tombé de son nid. Et moi grand échalas à peine sorti des jupes maternelles je suis son réconfort. C’est maintenant sans crainte que je me laisse faire, je devine ses mains glissant sous les pans de ma chemise. Ses doigts fins et frais parcourent mon dos avec une grande douceur. Je n’ai encore jamais connu telle sensation que de se sentir quelque peu désiré et choyé de caresses. Les sens s’éveillent, le désir aussi. L’enfant qui est toujours en moi devient honteux de son corps et des réactions de celui-ci.
Excitation. Pour la première fois de ma vie la
mienne s’exprime à découvert, je la sais maintenant palpable par ma charmante compagne. Sentiment de honte qui monte, je me recule un peu. Avec tendresse elle me montre sa joie de me faire tel
effet. Me prenant par la taille elle m’étreint et vient alors coller son ventre au mien. Un sourire se dessine, une œillade, ses lèvres s’approchent, elle me
déguste.
La pénétration buccale se veut une bien belle entreprise à mon égard, nos langues s’accordent puis, entreprennent une danse délicate.
Elle se prend à déboutonner ma chemise et à me baiser le torse, frissons. Je me risque à lui rendre la pareille. Je ne sais si mes mots suffiront à retranscrire ici le ravissement qui m’est alors offert. Mes mains frémissent en découvrant le grain de sa peau dans cette semi pénombre. Je fais glisser le tissu et son petit corsage ne tarde pas à rejoindre le vert pâturage sur lequel nous nous trouvons.
Vive émotion que d’entrevoir enfin ses courbes que la lune déflore.
Mon index s’octroie une promenade anatomique. Partant de son cou il s’égare un moment sur une épaule et en dessine le bord. Revenant à son point d’origine il subit alors non l’attraction terrestre mais une qui se veut bien plus forte, l’attraction physique. Une descente rapide et le voici en une vallée bordée de deux monts bien fascinants. Il devient plus hardi et même téméraire. Il se hasarde à suivre la bordure de soierie qui magnifie le décolleté puis s’y enfouit sans vergogne.
Ma partenaire tressaille.
Ses mains saisissent les miennes et viennent les plaquer sur ces rondeurs que je pensais il y a peu inaccessibles. Une perle de sueur dégouline sur mon front.
Je prends confiance et me risque à les extraire l’un après l’autre de leur enveloppe. Les voici fiers et pointant vers moi. Je me risque, les lape, les aspire doucement et les titille. Mon pouce et mon index jouent avec eux, les pincent tout en les étirant. Elle semble apprécier et même en redemander, elle se cambre plus avant pour mieux me les offrir. Quel cadeau ! Le mamelon dur roule entre mes doigts humides.
Sans que j’y ai prêté attention tant je suis à mon affaire, elle vient de terminer de déboucler ma ceinture et de me faire sauter la braguette. Mon futal s’affale.
Un drôle d’animal pointe alors le bout de son nez au bord de mon caleçon. D’une main aussi agile que sûre elle s’en empare comme si telle chasse était coutumière pour elle. La bête, encore sauvage il y a peu, se laisse amadouer et dresser sans marquer une quelconque réprobation.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire nous nous retrouvons tous deux vite fait bien fait moi en caleçon et elle juste culottée. Rencontre de nos peaux, de nos frissons, nos intimités se frôlent, nos corps se cherchent.
Nous roulons au sol sur les dépouilles de ce qui il y a peu nous servait de vêtements. Nos bras et nos jambes telles des tentacules s’enroulent autour de l’autre. Mon gland encore vierge déflore sa toison et se délecte de tant de douceur.
Un murmure à mon oreille.
« Tu ne m’auras pas ce soir, je ne veux que caresses et plaisir. Je ne désire pas que tu me prennes »
A cet instant je pourrais me sentir meurtri mais il n’en est rien. La ferveur que provoque en moi notre rencontre est sans commune mesure avec ces mots lâchés.
C’est bien plus tard que je comprendrais même que cette initiation est la plus belle que j’ai pu souhaiter.
Comment pouvoir regretter d’avoir connu ce jour le privilège d’ailleurs aussi accueillants ? Une bouche, une gorge qui me donnent asile. Mon nœud dont elle s’occupe, la cravate dont elle se pare. Sa raie que je peigne enfin de mon stylet et qui sait recevoir tous mes débordements. Comment rêver meilleur baptême ?
Pour la première fois j’entends le son habituellement inaudible des étoiles. Nos corps se veulent instruments qui la mesure battent. D’elle je tire des notes jusqu’alors insoupçonnées. De moi elle tire un concert de louanges, un crescendo de râles qui se termine en bouquet final teinté de couleurs inventées pour cette unique occasion.
Nous tanguons, nous virons de bord. Elle sur moi, moi sur elle. Je me roule à l’humidité de l’herbe, je déguste la sienne. Je sais enfin que d’autres lèvres, aux miennes posées, apportent aussi une bien grande volupté.
Jouir ! Un unique mot. L’imagination d’un seul homme ne saurait dessus faire un simple exposé. Comment résumer un tout ? Comment décrire un univers ?
Enlacés, enivrés,
épuisés de bonheur.
Nous voici nus offerts au firmament, amants d’une pluie d’étoiles.
Je ne sais plus mes mains, je ne sais plus les siennes. Sa plastique entière je dessine du bout des doigts, mon anatomie est sa toile. Mon premier festin de roi, je me rassasie de sa chair tendre, elle dévore tout ce qui s’offre à elle.
Minutes découpées en secondes, élasticité du temps, je ne sais plus quand nous sommes, je ne veux être que là. Je jouis de mes baisers, je tremble sous les siens.
Puis, vient ce que par dessus je redoute, la fin de ma première étreinte. Mutuellement nous nous rhabillons et le chemin enfin reprenons. Je voudrais une vie ainsi ébahi, mais ainsi n’est pas la vie. Déjà les flonflons, notre dernière heure n’est pas loin de sonner. Je me plonge à son regard, la sers contre moi, son cœur me parle, il me dit adieu.
Les doigts se décroisent, s’effleurent puis se quittent. Une ultime fois elle se retourne, puis disparaît au cœur de la foule.
Je ne saurais jamais son non prénom ni elle le mien.
Alors pourquoi Michelle me direz-vous ?
C’est sur les notes de cette chanson qu’elle vient de me quitter. A chaque passage de celle-ci sur les ondes, je me souviens, résonnent en moi des souvenirs impérissables.
Elle ne sera pas la dernière, mais qui peut prétendre l’être ?
Elle sera à tout jamais la première et rien ni personne ne saurait le lui retirer.
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