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PURPLE SILK
Il est bien difficile de différencier l'amour de l'amitié
Mais cela ne se résume t-il pas en un seul mot :
La tendresse ?
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La douche, enfin. Suffira-t-elle à me faire retrouver raison et esprit ?
Peu m’importe, il me faut me nettoyer, me laver de mes péchés de la veille. Mon corps tout entier est encore imprégné de l’odeur de mes ébats, mes organes eux-mêmes réclament entretien et lustrage. Je n’aime plus mon corps mais ça je vous l’ai déjà dit. Lui par contre apprécie que je m’occupe de lui, il aime se faire bichonner, dorloter. Peut être a-t-il gardé en mémoire le souvenir d’un temps ou d’autres s’en préoccupaient. Peut être qu’un jour, dans un autre univers quelqu’une saura lui faire retrouver de sa splendeur passée. Pour le moment pas l’envie, pas le désir de l’effort en ce sens. Pour qui, pour quoi ?
L’eau me ramène à la réalité, son flux sur mon front me fait l’effet de milliers de bombes explosant simultanément. Je trésaille une seconde et me reprends. Frictionner, masser, éveiller cette masse endormie, voila ma mission.
Petit à petit je retrouve force. Je dirais même qu’une certaine vigueur s’empare de moi… J’en connais au moins un qui ne perd jamais le Nord dès qu’on lui porte la moindre attention. Le voici qui fait le fier et réclame sa minute de gloire.
Mais non mon grand ! Ce n’est pas l’heure à cela ! Et puis tu le sais bien, les plaisirs solitaires n’ont jamais été de ceux que je pratique. Quand comprendras-tu enfin que je déteste l’après ? Cet instant où, le plaisir passé, je me retrouve seul face à moi, si seul. Comme un désespoir qui me saute à la gueule et me renvoie à mon désert affectif.
Allez zou ! A la niche et ne fais pas cette tête avec une mine consternée.
J’aime, oui j’aime me sentir frais, « propre comme un sou neuf » disait mon aïeul. Mon parfum qui m’enveloppe, mon enveloppe qui parfume mon chemin.
Sortie de bain, deuxième café, première cigarette.
Poumons arrachés, gorge brûlée, gueule cassée. Et pourtant là, je suis heureux. Ivre de tranquillité, empli du sentiment de liberté. A poil, seul mais heu reux !
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