PURPLE SILK
Il est bien difficile de différencier l'amour de l'amitié
Mais cela ne se résume t-il pas en un seul mot :
La tendresse ?
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La fraicheur tombe enfin sur la ville après cette journée caniculaire. De mon balcon je contemple le désert. Le soleil se jette dans la mer de sable dont les vagues filent au loin à l’horizon. Le ciel s’embrase, la ville prend une teinte sanguine. Il est pour moi bientôt temps de partir pour ce rendez-vous tant attendu.
Me voici dans la rue, tumulte et brouhaha, c’est l’heure où le chaland s’évade de sa prison de pierre pour retrouver ses congénères et refaire le monde dans chaque recoin de cette citadelle.
Je déambule tranquillement dans les ruelles, je fais mon chemin à la recherche de ma future destination. Les odeurs orientales emplissent déjà l’air du soir. Elles excitent mes narines et mon appétit. Les marchands d’olives à la sauvette, les porteurs d’eau, tout un monde nocturne est en branle. Chacun y trouve sa place, je ne sais où se trouve la mienne. Etranger ici, je découvre la réalité d’une culture qui n’est mienne. J’aime cette ambiance de labeur mêlée à ce sentiment de joie profonde. Tous, quelle que soit leur appartenance sociale, sourient et rient à la vie.
Je presse le pas, je suis attendu.
Je passe le coin d’une ruelle sombre et entrevois ma destination. Une porte haute en bois sculptée, le mur extérieur décrépi par le temps mais qui garde un superbe cachet des jours anciens. Je me saisis du battant et frappe, un homme plein de déférence m’ouvre et me demande de bien vouloir le suivre.
La cour décorée de zellige d’un bleu profond appelle à la méditation. Une fontaine laisse entendre un léger clapotis. Plaisir de ce son, l’eau source de vie jaillit même ici.
Des torches allumées, un parfum subtil, une lumière tamisée, tout ici respire la sérénité et appelle à se poser un instant. Je ne regrette pas d’avoir accepté l’invitation faite par cette danseuse qui se produisait il y a peu au palais. Nos regards se sont croisés, je ne pouvais plus détacher le mien. En fin de soirée elle était venue me voir et nous avions devisé. Promesse d’un échange plus long en un lieu plus adapté pour une conversation au calme.
J’ose avouer mon étonnement d’avoir reçu cette lettre si peu après, je me pensais bien trop fade pour intéresser un si joli brin de femme. Pour moi bien d’autres hommes devaient avoir ses attentions, des hommes plus à même de contenter son besoin de compagnie. Mais c’est à moi ce soir que revient l’honneur de venir en sa demeure.
L’homme me fait signe de prendre place dans une pièce qui s’ouvre devant moi.
Au sol moult coussins jetés. Plus loin, un canapé immense placé juste au centre de la pièce. Des tentures multicolores semblent couler le long des murs. De ces tissus précieux qui de la soie, de l’organza et autres velours. Teintes irisées, ourlets de fils dorés… Même le plafond est masqué par une voute tissée, impression de se trouver sous un ciel constellé d’étoiles.
Je me pose et patiente, la maîtresse des lieux ne saurait tarder maintenant. Bruissements non loin, tambourins dans la nuit…Musique lancinante qui monte autour de moi… Un homme entre. Une corde il dépose au sol et à son tour il prend place. Une flute à ses lèvres il commence un air fascinant. Magie, tel un serpent la corde s’élève. Je lève la tête pour suivre sa course, stupeur. Un éclat de lumière, une fumée opaque… Et là !
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