Une douche ne sera pas de trop pour me décrasser de toute cette poussière qui s’est évertuée à me recouvrir toute
Derrière une petite charrette à bras, une belle, fière elle aussi, vante les vertus de son poisson. Je dois admettre préférer et de loin l’œil noir et rieur de la harangueuse à celui bien plus glauque et vitreux du rouget grondin dont elle tente de se débarrasser.
Un agréable effluve se joue de mes narines, quelque gourmand fait griller une friture.
L’heure de l’apéritif est proche !
Je force un peu le pas mais il me faut mesurer ma peine, il me reste tout de même une petite trotte avant de rejoindre
De chaque côté à flanc de coteau une armée d’oliviers séculaires monte
La déclivité augmente, mes muscles se tendent et se durcissent. Si je connaissais mieux l’anatomie humaine je pourrais presque les citer l’un après l’autre tant ils se font présents à chacune de mes foulées. Vivement que j’atteigne le petit faux plat…
Voilà, j’y suis ! Béni soit celui qui eut la riche idée de planter ici orangers et citronniers !
Une petite halte et je cueille un fruit. Le petit coup de fouet bénéfique avant la dernière ligne droite. Excitation des sens, de tous les sens. Même à température ambiante la dégustation de ces quartiers bien juteux me soutire quelques frissons d’aise.
Une grande inspiration et je relance la machine.
Le soleil de ses rayons me darde le dessus du crâne, il fait vraiment chaud. Je dois bien admettre que de ce côté-là le temps a bien fait son ouvrage. Même si je ne suis pas chauve, elle est bien loin l’époque ou j’arborais une tignasse qui coulait en mèches châtain jusque sur mes épaules.
Depuis plus d’un an j’ai opté pour une solution plus radicale et de facilité qui me simplifie bien la vie d’ailleurs : la tondeuse ! En à peine plus de temps qu’il ne faut pour le dire je me sens frais et présentable. Plus besoin de rendez-vous ni d’attente.
Une seule chose me manque, le plaisir que me procure à chaque fois
Combien de fois ai-je failli m’assoupir sous la torture qu’elle m’inflige ?
Parfois, alors que je m’apitoie sur mon sort et me plains comme les hommes savent le faire de petits bobos, elle se prend à me prodiguer un massage de la nuque dont elle a le secret.
Depuis un an, quand j’y pense, je me dis que je ferais bientôt un détour par son salon ne serait-ce que pour gouter à nouveau aux joies de passer entre ses mains expertes.
« Home sweet home ! » Enfin, j’arrive …
J’arpente non sans un certain soulagement l’allée bordée de lauriers roses et blancs qui conduit à mon havre de paix, mon îlot de tranquillité.
Nichés près du sommet de la colline deux petits plots blancs reliés par une terrasse couverte où j’aime à recevoir mes amis lors de repas animés.
Le premier bâtiment se veut être la pièce à vivre, c’est un lieu que j’ai voulu plutôt dépouillé.
Sur les murs extérieurs, bougainvilliers et chèvrefeuilles se disputent l’envahissement de chaque centimètre carré. Dès les premiers jours de l’été naissant ce dernier diffuse à la nuit tombante une odeur proche de celle du jasmin, sucrée et enivrante.
Cela me fait me souvenir des ces petits marchands des rues en Tunisie, ces enfants qui sous des températures inavouables guettent le touriste pour lui soutirer quelque menue monnaie en échange de modestes bouquets.
En entrant la vue se voit offrir quatre murs percés de larges baies vitrées ouvrant soit sur le jardin, soit sur
Voilà, rien de plus !
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