Elle file à petits pas devant moi, un bref sourire narquois me prend. A croire que c’est l’ensemble de sa tenue, de la robe aux sous vêtements qui a rétrécit.
Je ne suis pas intimement persuadé que sa peau puisse ainsi respirer tant le tissu de ce que j’imagine être un tanga épouse ses formes. Non seulement il les épouse mais en plus il paraît faire corps avec son cul qui s’agite.
Comment en sais-je autant me direz-vous ?
Je dirais que tout sur elle se veut étudié pour… Que rien n’est laissé au hasard et que Myriam a tout de la mante sauf sa religiosité.
Ses jambes fines, ses cuisses, tout est tendu. Le choix même de chaussures ouvertes à talons hauts participe de cet élancement et de
J’en suis arrivé à presque oublier le but initial de cette promenade. N’étant pas vraiment pratiquant, je ne me sentirais même pas gêné de me surprendre à prier pour qu’un coulis d’air du soir s’engouffre sous les voiles. Juste un instant subtil, subrepticement me régaler visuellement de sa chair sous les étoiles.
Au risque d'être ici vulgaire, je vous garantis qu’à cette minute, je suis fin prêt pour une bien belle partie de pêche tant j’ai la gaule… Mon célibat prolongé n’arrange rien à mon affaire soyez-en surs. Moi qui me pensais à l’abri de cela à son endroit, me voici bien pris au piège.
Les rumeurs s’estompent un peu au loin. La sinuosité du chemin nous mène vers un petit arpent du terrain enherbé au milieu duquel un olivier tortueux se pavane.
De ma poche j’extrais mon paquet de cigarettes et lui en propose une. Elle se pose devant moi, ses doigts fins font un choix et elle porte le fruit de son désir à ses lèvres. Etincelle dans la nuit, une allumette s’enflamme, déjà elle exacerbe l’incandescence d’une longue bouffée. Ses poumons emplis de fumée poussent sa poitrine vers mon regard, je ne peux me détacher de cette vision de rêve. Je prends un pas de recul et elle me jette alors au visage la fumée qu’elle exhale. Stupeur et bonheur à mes pupilles, ses courbes se détachent sous le voile qui sous l’effet des torches devient translucide. Mon membre il y a peu flaccide se permet une érection soudaine. Je le sens glisser mollement de mon bas ventre où il était bien au chaud en direction de mon nombril. Telle boussole indiquant le pôle magnétique il pointe fièrement vers son décolleté mais toujours à l’abri de sa vue. Un peu gêné, limite confus je m’empresse de commencer à griller une cibiche. Je retrouve alors un peu de contenance, je respire un grand coup et regarde au loin le sommet de la colline qui se dessine.
« J’ai chaud » me dit-elle.
Je lui fais remarquer que sa tenue se prête pourtant tout à fait à notre climat et qu’elle ne devrait donc pas trop en subir les conséquences. Je lui demande si l’alcool qu’elle a pu consommer même avec modération ne serait pas le responsable de son état. Elle me dit que non, tout ceci n’a rien à voir avec cela. Elle fait mine de s’approcher et m’explique que de temps en temps elle est prise de bouffées de chaleur qu’aucun traitement n’a réussi à faire disparaître. Elle ne connaît qu’un remède à ce mal fortuit et passager, mais un remède qui chaque fois vaut toutes les médications du monde. A cet instant je me mets à craindre le pire tout en me surprenant à le souhaiter aussi.
Mille pensées m’envahissent alors.
Dois-je provoquer l’évènement ? M’en voudra t’elle ? Ses allusions sont-elles bien celles auxquelles je pense ? Et si cela était, saurions-nous ne garder de cet instant qu’une idée de plaisir partagé par deux êtres en manque de tendresse et de sexe ? Notre amitié ne s’en trouverait-elle pas détruite ? Pourrais-je et pourra-t-elle ne pas me reprocher tout ceci et ne plus vouloir de ma présence ? Tout tourne et vire dans ma tête, je suis un peu paumé. Je vois bien que depuis le début de soirée son manège n’est pas innocent et que rien n’a été gratuit dans ses attitudes vis-à-vis de moi ces dernières minutes. Tant pis, c’est bien trop tentant ! Qu’avait-elle besoin de se jeter ainsi dans la gueule d’un loup affamé par de longs mois d’abstinence ?
« Ce n’est peut être qu’une petite montée de température, mais il faudrait s’en assurer vite » lui dis-je en écrasant du talon ma cigarette à peine entamée.
Joignant alors le geste à la parole je passe subrepticement derrière elle et me plaque dans son dos.
Ma main gauche relève son volant de robe jusqu’à son ventre pendant que sa petite sœur se faufile sous le tissu vaporeux de sa culotte et descend vers ses enfers paradisiaques. Mon majeur s’insinue et constate l’ampleur du problème, un vrai dégât des eaux.
Le Styx de la belle est en pleine crue et je m’y baigne avec délectation. Il n’est ici point besoin d’un Charon pour m’accompagner lors de la traversée, je passe sans souci de la chair ferme à ses mondes souterrains sans autorisation préalable.
Mon pouce l’esprit badin prend la température des évènements, en effet madame semble en chaleur. La manière dont elle se tortille autour de celui qui la déflore indique que la méthode pratiquée commence à porter ses fruits.
Elle fait volteface et me fait subir à mon tour une palpation en règle. Bien mieux qu’un simple contrôle de police et tellement plus agréable.
« Hmm, joli piston ! Il ne manque qu’un bon lubrifiant pour tester si son alésage est parfait pour ma cylindrée. » Me dit-elle d’un air chafouin.
Je la devine dans la nuit détachant la clope de ses lèvres, tournoiement féérique d’une luciole qui se pose au sol.
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Jean Claude Buisson

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