Un bras du Morin se perd là, j’en ai fait ma plage, de celle où mes amis et moi nous baignons dans l’eau si fraiche. C’est ici que nous posons aussi nos canoës entre deux virées. Juste un lit d’herbe, un petit ponton aménagé et nous avons la sensation d’y être les rois du monde.
La nuit estivale n’a rien perdue en chaleur, il fait bon, si bon.
Sans un mot nous dévalons le sentier. Nous y voici. Le reflet de la lune sur l’onde éclaire la berge. Au loin, par-dessus la plaine, se font admirer les étoiles nimbées d’une brume légère. Moment de partage, celui ou les yeux s’émerveillent de la nature infinie.
Je la conduis comme vers l’autel tant l’émotion me gagne. Je vois son regard scruter le firmament, deux diamants brillent dans la nuit. Elle pousse un profond soupir puis se tourne et vient se serrer contre le semblant d’homme que je suis.
C’est à peine si je l’entends alors me susurrer à l’oreille : « Merci »
Elle est tremblante, petit oiseau tombé de son nid. Et moi grand échalas à peine sorti des jupes maternelles je suis son réconfort. C’est maintenant sans crainte que je me laisse faire, je devine ses mains glissant sous les pans de ma chemise. Ses doigts fins et frais parcourent mon dos avec une grande douceur. Je n’ai encore jamais connu telle sensation que de se sentir quelque peu désiré et choyé de caresses. Les sens s’éveillent, le désir aussi. L’enfant qui est toujours en moi devient honteux de son corps et des réactions de celui-ci.
Excitation. Pour la première fois de ma vie la
mienne s’exprime à découvert, je la sais maintenant palpable par ma charmante compagne. Sentiment de honte qui monte, je me recule un peu. Avec tendresse elle me montre sa joie de me faire tel
effet. Me prenant par la taille elle m’étreint et vient alors coller son ventre au mien. Un sourire se dessine, une œillade, ses lèvres s’approchent, elle me
déguste.
La pénétration buccale se veut une bien belle entreprise à mon égard, nos langues s’accordent puis, entreprennent une danse délicate.
Elle se prend à déboutonner ma chemise et à me baiser le torse, frissons. Je me risque à lui rendre la pareille. Je ne sais si mes mots suffiront à retranscrire ici le ravissement qui m’est alors offert. Mes mains frémissent en découvrant le grain de sa peau dans cette semi pénombre. Je fais glisser le tissu et son petit corsage ne tarde pas à rejoindre le vert pâturage sur lequel nous nous trouvons.
Vive émotion que d’entrevoir enfin ses courbes que la lune déflore.
Mon index s’octroie une promenade anatomique. Partant de son cou il s’égare un moment sur une épaule et en dessine le bord. Revenant à son point d’origine il subit alors non l’attraction terrestre mais une qui se veut bien plus forte, l’attraction physique. Une descente rapide et le voici en une vallée bordée de deux monts bien fascinants. Il devient plus hardi et même téméraire. Il se hasarde à suivre la bordure de soierie qui magnifie le décolleté puis s’y enfouit sans vergogne.
Ma partenaire tressaille.
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